Vallée de la Loire - forteresse de Chinon

L'histoire de la forteresse à travers des personnages

Forteresse Royale de Chinon

Bas-empire et haut Moyen Âge

La forteresse royale de Chinon domine la ville de Chinon et a été construite sur un éperon rocheux longeant la Vienne, affluent de la Loire. Comme souvent, le rôle premier de la forteresse est de contrôler une position stratégique, ici le passage sur la Vienne. Le bourg s’est développé en contrebas, sur la rive. Il ne faut pas oublier qu’au Moyen-Age, les voies navigables était les seuls moyens de transport pour les charges lourdes (vins, matériaux, céréales, etc.).
Petit à petit, la forteresse a été structuré en trois parties distinctes et qui figurent de manière stylisée sous la forme de trois tours sur les armoiries de la ville.
Ainsi, d’ouest en est, l’éperon est barré par une série de fossés – des douves sèches – qui séparent les trois châteaux : le fort du Coudray, le château du Milieu, et le fort Saint-Georges. Chacun des trois châteaux possède une enceinte indépendante. C’est dans le château principal, le château du Milieu, que se développent les principaux logis et le prieuré Saint-Melaine.

Royal Fortress of Chinon-plan

Comme souvent dans notre histoire, ces sites stratégiques font l’objet d’occupation multiples. Ainsi, à la fin de l’Empire romain, le promontoire est fortifié et devient un castrum (cf Grégoire de Tours) et on réutilisera des blocs de pierre provenant de monuments antiques pour ses fondations. En 463, Chinon, alors possession du royaume des Wisigoths, résistera victorieusement à l’assaut du général Romain Aegidius.

Les comtes de Blois

Les premiers éléments du château actuel datent d’entre le VIème et le Xème siècle. C’est sans doute à Foulques IV que l’on doit l’achèvement de la nouvelle enceinte de la forteresse. Il lève notamment des impôts à cette fin, entre 1087 et 1105.

Les Plantagenêt

Henri II Plantagenêt

Henri II Plantagenêt

Parallèlement à cela, Henri II Plantagenêt est désigné héritier de la couronne d’Angleterre en novembre 1153. A son apogée, le territoire Plantagenêt s’étend des Pyrénées à l’Écosse. Afin d’en assurer l’unité, Henri II va faire de Chinon sa capitale continentale. C’est à partir de ce moment que le château va prendre les dimensions qu’on lui connaît aujourd’hui.
Henri II Plantagenêt entrepose à Chinon une partie du trésor royal et y séjourne fréquemment de 1160 à 1180. En 1173, il écarte Aliénor du pouvoir et la fait enfermer dans la forteresse de Chinon, avant de l’envoyer en résidence surveillée en Angleterre.

Alienor d'Aquitaine

Alienor d’Aquitaine

Henri II trépassa à Chinon en 1189. Sa grande réalisation est la construction du fort Saint-Georges et d’un palais en son sein. Ce palais a été mis au jour entre 2003 et 2005 lors de fouilles archéologiques. Il n’était pas connu auparavant. C’est une découverte très importante, car il y a très peu de palais de cette époque qui sont parvenus jusqu’à nous. Les vestiges sont actuellement préservés sous un jardin. Le rempart dominant la Vienne est encore visible et a été restauré dans toute sa majesté.
Un peu plus tard, à la suite de la mort de Richard Cœur de Lion, Jean sans Terre peut alors ceindre la couronne d’Angleterre. Il décide de renforcer le château car il a conscience de l’importance stratégique de Chinon et il prépare le château à la guerre. Lors de ces travaux tours et remparts sont créés et renforcés, l’extrémité occidentale du promontoire est isolée par une douve et devient le fort du Coudray.
Peu de temps après, Jean fait enlever d’Isabelle d’Angoulême, une enfant de 12 ou 13 ans promise à Hugues de Lusignan, et l’épouse en grande pompe à Chinon. Le scandale est immense ! Le fiancé bafoué et de nombreux seigneurs d’Aquitaine, vassaux de Jean mais indignés, se révoltent et interjettent un appel féodal auprès du roi de France. Philippe Auguste prend prétexte de cet incident pour confisquer les possessions continentales des Plantagenêt et part en guerre contre Jean. En Juin 1205, après un siège de neuf mois, le château sera pris. Ce fait est à l’origine du démantèlement de l’empire Plantagenêt sur le continent.

Reconstitution en 3D de la forteresse royale de Chinon au XVe siècle

Reconstitution en 3D de la forteresse royale de Chinon au XVe siècle

Jeanne d’Arc à Chinon

Durant la guerre de 100 ans, les Anglais, menés par Henri V remportent des victoires décisives, notamment à Azincourt (le 25 octobre 1415). S’ensuit un traité humiliant dans lequel Charles VI reconnaît Henri V comme son successeur, au détriment de son propre fils, le Dauphin Charles. Le Dauphin n’accepte pas ce traité et se fait proclamer roi de France. Son royaume, le “royaume de Bourges”, correspond approximativement à la France du sud de la Loire. C’est dans ce contexte que Jeanne d’arc arrive à Chinon le 23 février 1429.

Jeanne d’Arc à Chinon

Jeanne d’Arc à Chinon

Cette rencontre donnera lieu au mythe de la Reconnaissance (où Jeanne reconnait le Roi parmi les foules des courtisans). Il n’en est rien, car il y eut, non pas une, mais deux entrevues à Chinon. La première se déroule deux jours après son arrivée. Elle est menée jusqu’à la chambre du roi où celui-ci la reçoit en petit comité. Au château, elle est logée dans le donjon du Coudray. Puis Charles VII l’envoie à Poitiers pour les docteurs en théologie puissent juger de sa bonne foi. À son retour, Jeanne est à nouveau reçue par le roi dans la chambre du Roi, entre le 27 mars et le 5 avril 1429. Cet épisode qui s’est déroulé dans l’enceinte de la forteresse marque un tournant décisif pour la Guerre de Cent Ans. Dès 1431, la situation politique et militaire des Anglais se dégrade. La haine des Anglais entraîne de nombreux soulèvements et en Normandie la situation est de plus en plus intenable. Dès 1435, les Anglais perdent leurs principales villes mais il faudra attendre 1453 pour mettre un point final à cette guerre.

Trajet de Jeanne d'Arc

Trajet de Jeanne d’Arc

Déclin et restauration

Suite à ces événements, la forteresse dépourvue de rôle stratégique est abandonnée au profit de châteaux plus modernes, tombe peu à peu en ruines. Des inventaires du début du XVIIe siècle la décrivent dans un état de délabrement complet. En 1840, la forteresse est classée Monument Historique, mais les ruines sont dangereuses, et en 1854 la municipalité en demande la démolition. L’intervention de Prosper Mérimée sera décisive et marquera le début de la restauration de la forteresse de Chinon qui continue de nos jours.

Forteresse de Chinon

Forteresse de Chinon

Horaires d’ouverture
Janvier – février – novembre – décembre : 9 h 30 – 17 h
Mars – avril et septembre – octobre : 9 h 30 – 18 h
1er mai – 31 août : 9 h 30 – 19 h

Contact :
37500 Chinon
Tél. +33 (0)2 47 93 13 45

Distance 50 km